26 août 2008

Activistes, altermondialistes... et marketers !


En flânant dans les bookstores canadiens cet été, j'ai été intrigué par un magazine que je voyais un peu partout....

Le nom du mag : AdBusters (littéralement : destructeurs de pub).

Le visuel de couverture (ci-contre) : un portrait sur fond noir d'un jeune barbu, vaguement christique, l'air béat..

Le sujet en couv : Hipsters (un énième sous-courant de mode dont je vous passe le détail : Wikipedia vous en dira plus...) l'impasse de la civilisation occidentale.

Prometteur : j'achète donc, pour plus ou moins 10$ taxes incluses (pas donné, mais fidèle à son nom, le mag est 100% sans publicité...).

Ma curiosité est récompensée : j'ai maintenant dans les mains un pur OVNI de presse !

La 4ème de couv arbore le visage radieux d'une jeune femme asiatique, assorti de titraille multicolore en chinois (sorry, je ne traduirai pas...), en opposition symétrique au jeune zombie de la 1ère de couv.
J'ouvre le magazine et je découvre qu'il est à double entrée : à l'occidentale, où l'on tourne les pages de gauche à droite... ou à l'orientale, où l'on feuillette de droite à gauche.

Vous l'aurez compris, ce numéro d'Adbusters (le 79ème de la série, quand même...) est construit
sur une opposition en miroir de l'Ouest et de l'Est, de la civilisation occidentale présentée comme en bout de course versus le renouveau (intellectuel, économique, philosophique) qui pointe du côté de l'Asie. C'est un postulat...

Sa mise en forme est néanmoins impressionnante de créativité, d'impact et d'audace... bref empreinte d'un beau professionalisme de presse. Vous aurez une idée plus précise avec ce petit diaporama.

Mais qui sont ces gens ? Ma curiosité pas tout à fait assouvie, je vais faire un tour sur leur site Adbusters.org

J'y découvre le statement des adbusters : "We are a global network of culture jammers and creatives who are working to change the way information flows and meaning is produced in our society." OK...

J'y découvre aussi leur web TV, leur boutique en ligne (prononcez Culture Shop) où je peux m'abonner au journal, acheter des livres, des t-shirts "alternatifs", ou des baskets éthiques produites au Portugal.

Je m'étouffe de rire en découvrant aussi le TV-B-Gone, discrète télécommande qui permet d'éteindre n'importe quel téléviseur (rebaptisé Idiot Box) dans les lieux publics... Encore disponible au rayon "Activist tools"...

Car oui, les Adbusters sont bel et bien des activistes.

L'Adbusters Media Foundation est une association à but non lucratif, fondée en 1989 à Vancouver, Canada. Elle se définit comme un réseau d'activistes, d'écrivains et d'artistes qui veulent innover dans de nouvelles formes propres à l'ère de l'information qui caractérise notre époque.

Elle s'engage dans de nombreuses causes sociales ou politiques, en opposition à la consommation de masse. Elle promeut des campagnes-chocs et est à l'initiative de la journée sans achat (Buy nothing day), ainsi que de la semaine sans télé (TV turn-off week)..

Les Adbusters de divers pays se sont regroupés en associations nationales : Casseurs de pub en France, Résistance à l'agression publicitaire en France et en Belgique, Adbusters Norge en Norvège, Adbusters Sverige en Suède et Culture Jammers au Japon.

Quand je vous disais que la décroissance peut devenir tendance...? Les Adbusters nous en apporte une illustration très aboutie.

Des altermondialistes funs et experts en marketing... On aura vraiment tout vu, ma bonne dame :-)

Source : Wikipedia

25 août 2008

Le marketing de l'Obamania



A l'heure où se déroule la convention démocrate de Denver, un petit clin d'oeil aux marketers qui conseillent Barack Obama...

On le sait, l'un des points forts de la stratégie du candidat démocrate est de mobiliser toutes les couches de l'électorat, y compris et surtout celles qui ont une tendance à l'absention.

Les jeunes (prononcez Millenials en langage marketing US) en font largement partie et on voit fleurir aujourd'hui dans les grandes villes américaines (et jusqu'au Canada voisin) nombre de T-shirts et autres goodies plus tendance les uns que les autres, reprenant les graphiques et les slogans de la campagne percutants.

La "marque" Obama s'est donc particulièrment bien implantée auprès des moins de 30 ans. Succès en partie dû à la jeunesse de Barack, et sa manière d'être même : calme, smooth, cool.

Succès dû aussi à une stratégie marketing bien menée, comme le souligne AdAge, l'hebdo phare de la publicité aux States, dans cet article.

Selon AdAge, Barack Obama est sans doute le premier politicien à avoir parfaitement compris les codes de communication des jeunes.

A titre d'exemples, parmi d'autres :

- l'une des premières applications pour l'Iphone (autre chouchou des millenials) a été l'Obama "Countdown to Change" qui égrène les jours qui nous séparent de l'élection.

- l'hiver dernier, ce clip viral, sur lequel divers artistes parmi lesquels the Black-Eyed Peas et Scarlett Johansson chantaient en reprenant les discours de Barack, a été mis en ligne. A ce jour, il a été vu plus de 9 millions de fois sur le seul YouTube US...

- la campagne d'Obama a aussi démontré son savoir-faire en terme de digital marketing au travers du site my.barackobama.com (petit nom : "MYBO"), aux fonctionnalités directement issues des réseaux sociaux (customisation poussée, upload de contenus, forte dimension virale).

Selon Kelly Mooney, la fondatrice visionnaire de l'agence Resource Interactive, la campagne d'Obama a ainsi su passer du CRM (customer relationship management) au CMR (customer-managed relationship) bien mieux que celles de nombre de marques commerciales.

Il n'empêche... A l'heure où j'écris ces lignes, les sondages donnent Obama et McCain au coude à coude.
Deux visions du monde qui s'opposent, c'est classique en politique. Mais quand la lutte devient générationnelle, c'est tout autre chose.
Alors, les millenials permettront-ils à Obama d'échapper au sort d' Al Gore et de John Kerry ? Réponse le 4/11...

4 août 2008

HumanRaceBook.com : 1er réseau social utile ?




A quoi pourrait bien servir Facebook, s'il n'était pas un vaste bordel et un (futur) piège à pub à la privacy douteuse ?

Ce qui suit va nous permettre de rêver un peu...


En zappant sur la TV canadienne, je tombe sur un spot qui m'attire l'oeil : images de pauvreté, d'émeutes et de catastrophes naturelles qui appellent à l'engagement en reprenant les codes de Facebook... et ses boites de dialogue au choix binaire "Accept" ou "Ignore".

Le spot renvoie vers humanracebook.com, qui est en fait un microsite publicitaire créé par le Centennial College de Toronto pour présenter son cursus d'enseignement Signature Learning Experience.

L'objectif du Centennial College est ni plus ni moins que de former des managers conscients de leur statut de citoyens du monde, à l'aise avec la diversité et soucieux de justice sociale... en partant du principe reconnu que c'est par l'éducation qu'on peut changer les choses.
De ce côté-ci de l'Atlantique, ça fait déja de nombreux mois (2 ans, en fait) que la crise de l'énergie et la défense de l'environnement sont quotidiennement à l'ordre du jour... et bien plus qu'en Europe, n'en déplaise aux supporters des idées reçues.

Une crise financière et alimentaire plus tard, c'est de conscience morale et de vision globale qu'il est finalement question, jusque dans les programmes universitaires...

On n'est pas très loin du Karma Capitalism, autre tendance de fond dont je vous parlerai bientôt plus longuement, et qui va mettre au rebut tout ce que les managers de plus de 40 ans croient savoir. Mais nous y reviendrons...

D'ici là, au-delà d'une campagne marketing bien menée qui (dé)tourne en dérision le leader mondial des social networks , le Centennial College ouvre un voie intéressante. A suivre....

NB : de microsite, humanracebook.com prévoit de devenir dans les prochains mois un site communautaire d'échanges d'idées et de projets.... C'est tout le mal qu'on leur souhaite. A suivre aussi, donc...