16 déc. 2007

Dove Onslaught


Après le film "Evolution" salué par la profession publicitaire, la campagne de Dove pour la "vraie beauté" et l'estime de soi se poursuit avec ce nouveau spot.

Alors, oui : Dove est une marque d'Unilever, l'un des plus grands lessiviers au monde.

Oui : Unilever détient aussi d'autres marques comme Knorr, Rexona, Cif, Signal ou Axe... qui ont largement contribué à la surenchère publicitaire pendant des décennies.

Mais il faut bien que le mouvement pour un marketing éthique commence quelque part, non ? ;-)
PS : si vous avez aimé "Evolution", vous devriez adorer sa parodie, à découvrir sur campaign against real life

15 déc. 2007

Retour vers le Futur (2) : l'Age de l'Accès


Prenons un peu de hauteur...

Lu il y a des années "L'Age de l'Accès" de Jeremy Rifkin.

Economiste iconoclaste et militant, J. Rifkin est l'auteur de différents ouvrages fondateurs et visionnaires. C'est aussi une personnalité controversée, parfois vue comme un "néo-luddiste" ou un ennemi de la science.

"L'Age de l'Accès"n'est pas à proprement parler un livre de marketing ou un focus sur les nouvelles technologies (même si ces 2 sujets y trouvent une large part), et le but ici n'est pas d'en dresser une revue détaillée, d'autres l'ont fait bien avant et mieux que moi ici, ici et .

Disons plutôt que chaque jour se confirme la justesse de la théorie que Rifkin déployait il y a près de 10 ans (autant dire une éternité). Selon Rifkin, la dernière frontière du capitalisme - après la propriété - est l'expérience (le fameux Accès) : consommer des services plutôt qu'acquérir des biens, pour résumer.

Ca a l'air sympa, dit comme ça... C'est un peu le contraire en fait.

Car l'expérience est évidemment monétisable. Elle implique une marchandisation croissante de l’intégralité de l’expérience humaine (condition, goûts, comportements, relations...).
Les réseaux sociaux en sont l'illustration la plus visible... mais pas la seule. Parcs d'attractions et centres commerciaux (qui tendent de plus en plus à se ressembler), tourisme de masse, sites "user-generated content... tous procèdent du même phénomène de "valorisation" de l'expérience, où l'humain-consommateur devient une sorte d'hybride mi-produit, mi-cible.

Et dans cette économie où l'offre a dépassé de très, très, très loin la demande, et le marketing volé la vedette à la production, il ne reste que le contrôle du consommateur comme priorité stratégique de l’activité.

Nous autres humains en âge et conditions de consommer sommes donc devenus une collection de datas, doublés d'une audience publicitaire. Comme la nature a horreur du vide, les multiples efforts pour nous faire consommer plus entrainent logiquement une réticence grandissante à l'intrusion marketing (nous y reviendrons...). Bien évidemment, la position est intenable à court, moyen et long terme.

Et la question posée par Rifkin est toujours brûlante d'actualité : la civilisation peut-elle survivre quand la sphère commerciale est devenue le premier médiateur de la vie humaine ?

Dans l'économie occidentale, fondée basiquement sur le capitalisme et la démocratie, quels effets peut avoir l'affaiblissement des valeurs politiques et sociétales au profit du seul commerce ?

Autrement dit : la société de consommation est-elle fichue ? (bis)

Mais restons optimistes : comme rien n'est jamais inéluctable, le marketing va -t-il enfin prendre conscience de son rôle social ?
L'avenir nous le dira, bien sûr. Histoire à suivre...

4 déc. 2007

Retour vers le Futur (1)



Un peu de publicité gratuite... Sur ma table de chevet et au fond de mon sac, en ce moment : Future Files, a history ot the next 50 years, oeuvre de Richard Watson, collaborateur régulier du Future Exploration Network et de Fast Company, entre autres.

L'objet du bouquin est tout simplement (!) de tenter une prospective sur les décennies à venir dans les différents domaines qui régissent nos petites vies : société, politique, medias, finance, technos, santé, etc...

Comme tout exercice de prospective, c'est un travail de réflexion risqué mais intéressant, nourri de sources multiples.

Richard Watson nous prédit un avenir sous le signe du Paradoxe : de plus en plus connectés, mais de plus en plus seuls, de plus en plus informés mais vivant dans la peur (de l'autre, du changement...), de plus en plus globalisés, mais tentés par des replis confortables (vers la tribu, la nation, la religion, le passé...), vivant plus longtemps comme des gamins, alors que le temps de l'enfance aura été compressé...

Vous l'avez compris : ce n'est pas toujours optimiste, et si ça lorgne parfois vers la science-fiction, c'est plutôt du côté du "Meilleur des Mondes" que ça se situe.

Et pour vous prouver que Richard Watson n'est pas qu'un fumeur de moquette, jetez donc un oeil sur l'un de ses travaux : the Future of Media Report 2007. Pour nous autres, pauvres marketers damnés de la Terre, c'est une mine.

PS : signe des temps, vous ne trouverez "Future Files" dans aucune librairie, fût-elle online. L'auteur gère en direct ses commandes sur le web et assure comme un pro le suivi de ses clients et lecteurs. Entre Londres, San Francisco et Sydney, Richard prendra même le temps de vous envoyer personnellement un mail pour vous avertir d'un léger retard de livraison. Congrats, Sir...